Matignon dit ne pas vouloir intervenir dans la grève du RER A

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Le gouvernement français n'a pas l'intention d'intervenir pour résoudre la grève sur la ligne A du RER, qui prive de transport quotidiennement un million de personnes en région parisienne depuis douze jours.
 LA GRÈVE DU RER A RECONDUITE MARDI

La grève a coûté pour l'instant cinq millions d'euros à la RATP, selon son P-DG Pierre Mongin, qui se dit déterminé face aux grévistes et convaincu d'une prochaine reprise du travail.

"La grève est toujours l'expression d'un rapport de force et cette fois-ci les salariés n'ont pas assez mesuré notre détermination. Je pense que le trafic va reprendre progressivement", dit-il dans Le Figaro, à paraître mardi.

Les discussions avec la direction étant cependant bloquées, les conducteurs ont reconduit lundi lors d'assemblées générales la grève pour mardi, a-t-on appris de source syndicale.

La RATP prévoyait pour la journée de lundi un train sur deux aux heures de pointe et un trafic quasiment nul aux heures creuses sur la ligne A, comme la plupart des derniers jours.

Eric Nabet, secrétaire général de la CGT pour le secteur Métro-RER, a déploré la "volonté de pourrissement du gouvernement" et le refus de la RATP "de céder aux revendications" des grévistes.

"On est sur une volonté de faire plier les conducteurs et de lancer un message politique à la veille des élections régionales", a-t-il dit à Reuters, soulignant qu'il y avait un enjeu régional avec les projets autour du Grand Paris.

Selon Eric Nabet, à l'exception d'un échange de courrier, il n'y a eu aucune discussion avec la direction depuis l'échec des négociations de la nuit de jeudi à vendredi.

Le Premier ministre, François Fillon, avait refusé vendredi la nomination d'un médiateur.

PRIME VARIABLE

Les syndicats réclament une augmentation fixe de 120 euros par mois. La direction a évoqué une prime variable en fonction des objectifs de régularité, qui pourrait atteindre 80 euros.

En marge d'un déplacement en Chine, le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a déclaré qu'il avait confiance en la direction de la société pour résoudre le conflit.

"Nous sommes dans le cas d'une grande entreprise publique, son président est l'ancien directeur de cabinet d'un Premier ministre, donc quelqu'un d'habitué aux dialogues et aux situations difficile", a-t-il dit aux journalistes.

"Pierre Mongin a la confiance du gouvernement pour discuter, très franchement il n'est pas besoin de rajouter à la RATP quelqu'un entre la discussion et les syndicats", a-t-il ajouté.

Il s'est dit confiant car le motif de la grève, un dossier salarial, était propre à l'entreprise. "C'est un problème très sectoriel et nous souhaitons que ça ne dure pas jusqu'à la Saint-Sylvestre", a-t-il dit.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a déploré la poursuite de cette grève, jugeant la situation "dommageable pour de nombreuses entreprises de la région Ile-de-France" et "catastrophique pour la réputation de notre pays".

"En France, on a le sentiment que les choses ne peuvent se passer que sous la menace, d'une manière extrémement compliquée, avec une incertitude très grande", a-t-elle dit sur Europe 1.

Selon elle, une série d'entreprises de commerce, à La Défense notamment qui est desservie par la ligne A, sont "cruellement" touchées.

Thierry Lévêque et Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser

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