Phytothérapie : la santé par les plantes 1#

Publié le par bout de chou

Se soigner par le plantes
Après avoir été largement ignorées depuis l'arrivée des molécules synthétiques, les plantes médicinales ont de nouveau le vent en poupe. Phytothérapie, huiles essentielles, fleurs de Bach… Tout ce qu'il faut savoir pour se soigner au naturel.
Réalisé par Mathilde Regnault, L'Internaute Mai 2008

 
 

Elle existe depuis à peu près aussi longtemps que l'être humain : la phytothérapie constitue certainement la toute première médecine du monde, découverte un peu par hasard, au fil des cueillettes. C'est effectivement en les consommant que les hommes ont découvert des vertus thérapeutiques à certaines plantes. Au fil du temps, l'herbier médicinal s'est diversifié et précisé, les modes de consommation se sont multipliés, mais le principe de base n'a pas changé : les simples plantes, mêmes préparées le plus basiquement du monde, peuvent soigner les divers maux de l'homme. Avec une vertu non négligeable : la quasi-absence d'effets secondaires. Non pas que ces plantes soient inoffensives. Mais, bien utilisées, elles n'ont quasiment aucune désagrément à part peut-être, parfois, un goût un peu douteux…

D'ailleurs, vous pratiquez peut-être la phytothérapie sans même en avoir conscience. La tisane à la camomille ou à la verveine que vous aimez prendre le soir, phytothérapie. La vigne rouge que vous buvez pour éviter la rétention d'eau, phytothérapie. Vos pastilles de menthe, phytothérapie. Certes, ce n'est pas toujours aussi simple, loin de là. "Des centaines de plantes peuvent être utilisées pour soigner, confirme le Dr Michel Tourasse, phytothérapeute. Bien sûr, certaines sont plus ou moins utilisées. Sur notre site internet, nous avons recensé les deux cents plantes les plus importantes et les plus utilisées en occident. Evidemment, cela varie aussi selon les régions du monde."

Gingko et camomille

Dans les top 10 de Michel Tourrasse, figurent :
» L'harpagophyton, plus connu sous le nom de griffe du diable. Il est doté de propriétés anti-inflammatoires et analgésiques.
» Le millepertuis, qui possède à la fois des vertus antiseptiques, cicatrisantes et antidépressives.
» La passiflore, à la fois antispasmodique et sédatif du système nerveux central.
» La mélisse, pour ses très nombreuses propriétés : sédatif du système nerveux central, antiviral, anti-inflammatoire des muqueuses digestives et bronchiques…

 
 

» La camomille, très célèbre version tisane ou shampoing. Elle est antispasmodique, agit également sur le système sympathique ainsi qu'en tant qu'anticoagulant. Elle peut également avoir un effet calmant sur le système nerveux central.
» L'églantier, très riche en vitamine C mais aussi puissant anti-diarrhéique.
» Le thym, à la fois antiparasitaire et antibactérien.
» Le marronnier d'Inde est à la fois vasoconstricteur, anti-œdémateux et anti-inflammatoire.
» Le gingko biloba, efficace pour lutter contre l'insuffisance veineuse. Il agit comme vasodilatateur et vasorégulateur.
» La gentiane a une action positive sur les sécrétions de l'estomac.

La phytothérapie moderne consiste à prescrire certaines de ces plantes, sous la forme la plus adaptée (tisanes, gélules, onguents et autres) à la pathologie que l'on souhaite soulager. La plupart du temps, il s'agit d'une association de plusieurs plantes, parfois plus d'une dizaine.

Ce n'est pas toujours la même partie de la plante qui s'avère efficace. Plante entière ou seulement feuilles, fleurs, racines, écorce ou graine : les parties contenant les principes actifs changent d'une plante à l'autre. Elles ont généralement été identifiées de façon empirique.

Selon la maladie que l'on souhaite traiter, la potion pourra prendre différentes formes.
» Les tisanes constituent sans aucun doute la forme la plus communément employée en phytothérapie. C'est aussi la méthode la plus simple pour tirer parti des bienfaits d'une plante. Il suffit de déposer la plante au fond d'une tasse. Elle peut être fraîche ou sèche, entière ou partielle, à l'état naturel ou en poudre. Etape suivante : verser de l'eau bouillante dans cette tasse. Laisser infuser quelques minutes puis filtrer l'eau, que l'on boira telle quelle (en s'assurant toutefois de ne pas se brûler la langue au passage !). Cette méthode peut donc être utilisée facilement chez soi, même sans être un pro de la phyto. Seule précaution : s'assurer que les plantes que l'on utilise ne sont pas toxiques et se renseigner sur la quantité à utiliser pour qu'elles soient efficaces.

 
 

» Une variation, la décoction, se conserve plus longtemps (deux à trois jours). Pour ce faire, il faut placer la plante dans un récipient, la recouvrir d'eau et porter ce breuvage à ébullition pendant une quinzaine de minutes. Ne reste plus, alors, qu'à filtrer et à boire, chaud ou froid.

» Les plantes en poudre peuvent être utilisées en gélule, capsules ou mélangées à un liquide ou à de la nourriture. Elles ont l'avantage de se conserver plusieurs mois. Ce qui peut être utile par exemple dans le cas de plantes que l'on ne trouve pas dans nos contrées et que l'on doit importer.

» Un peu plus compliqué mais très pratique, la teinture mère ou teinture alcoolique. La mixture peut tout de même être réalisée chez soi, même s'il est préférable de demander l'assistance ou les conseils de quelqu'un qui maîtrise le processus. La plante peut être utilisée sèche ou fraîche. Elle est mise à macérer dans une certaine quantité d'alcool (65°, 70° voire plus), dans un bocal hermétique. Après plusieurs semaines, le liquide est filtré : il contient le principe actif, dans une concentration déterminée à l'avance, au moment des dosages. Cette solution est d'autant plus pratique que le liquide peut se converser pendant plusieurs années, à l'abri de la lumière dans un bocal étanche. La teinture alcoolique peut ainsi être incorporée, au gré des bobos et autres petits accros, à une pommade ou à un cataplasme, par exemple.

» Autre alternative, le bain aux plantes… Non, n'ayez crainte, vous ne baignerez pas littéralement dans les feuilles de sauge et les rondelles de gingembre. En fait, il vous suffit de préparer une sorte de gros thé : dans un récipient, faites infuser les plantes pendant 10 à 15 minutes, puis versez cette solution d'eau l'eau de votre bain. Et hop, c'est parti pour une demi-heure de détente.

» Côté détente, l'huile de massage s'impose également. Dans la version 100 % artisanale, vous mélangez de l'huile végétale (au choix !) avec 5 % à 10 % d'huile essentielle ou de teinture mère de la plante que vous souhaitez voir agir. Appliquez selon les modalités qui vous sont propres… Pour ceux que l'aspect "huile d'assaisonnement" rebuterait, il est toujours possible de mélanger la substance active à une base de crème neutre ou à du gel, que l'on peut acheter en parapharmacie par exemple.

» Vous pourrez également y trouver des gélules et autres capsules, plantes en poudre, moins fraîches mais tout aussi efficaces et pratiques, dans la mesure où elles sont facilement transportables et dosées de façon homogène.Vous les trouverez en pharmacie,



Elle utilise les plantes elle aussi, mais via une transformation qui nécessite un certain savoir-faire. "Il s'agit d'extraire l'huile contenue dans certains fruits ou plantes, précise Michel Tourrasse, médecin phytothérapeute. Cette essence est spécifique à certains éléments. Par exemple, l'écorce de citron contient de l'huile essentielle, ce qui n'est pas le cas de l'écorce de chêne."

 
 

Dans les cas les plus simples, l'huile essentielle peut être obtenue par une simple pression. C'est ainsi avec les zestes d'agrumes par exemple. Parfois au contraire, elle est "cachée" et il faut alors l'extraire grâce à un solvant ou par distillation. Ce processus est cher et nécessite une grande quantité de plantes, ce qui explique le prix élevé de ces fameuses huiles essentielles.
On utilise rarement l'ensemble de la plante. Parfois, ce sont les fleurs qui contiennent l'huile essentielle (rose, lavande, ylang ylang…). Ailleurs, pour la menthe ou l'eucalyptus par exemple, ce sont les feuilles qui vont nous intéresser. Cela peut également être les racines, les fruits, l'écorce ou encore les graines.

Un peu d'huile suffit


Une fois extraite, l'huile doit être conservée dans un flacon fermé hermétiquement. Elle est très odorante et volatile et peut "contaminer" tout un frigidaire, par exemple, si elle est mal enfermée. Pas très agréable de se retrouver avec du beurre à l'odeur de lavande…
Aujourd'hui, l'aromathérapie se décline sous différentes formes : gélules, gouttes à avaler, suppositoires, huiles ou laits de massage, dans le bain… Tout dépend de l'utilisation que vous souhaitez en faire et de la plante prescrite.

 

Plante Propriétés
Lavande Antiseptique, bactéricide, cicatrisante
Thym Antiseptique, bactéricide, cicatrisante
Menthe Stimulante, antalgique, antispasmodique
Aneth Stimulant digestif, antispasmodique, anti-inflammatoire
Eucalyptus Hypoglycémiant, antiseptique, sédatif contre les piqûres
Cèdre Stimulant, désinfectant, aphrodisiaque
Orange Calmante, antispasmodique, anti-infectieuse
Bergamote 
Stimulante et calmante ( !), aide à l'équilibre hormona
Cannelle Anti-fatigue, lutte contre la fièvre, les infections pulmonaires et digestives
Laurier

Antispasmodique, diurétique, antirhumatismal


 

 
 

La théorie n'est pas nouvelle puisqu'elle existe depuis le XIXe, mais les fleurs de Bach ont aujourd'hui le vent en poupe. A la une des magazines féminins, elles constituent un autre versant de la phytothérapie. Le succès a donc largement dépassé les frontières de l'Angleterre où cette médecine romantique a vu le jour.

Le Docteur Bach était poète à ses heures. "Il est parti du principe que les fleurs étaient là pour toucher notre émotionnel, explique le phytothérapeute Michel Tourrasse. Chaque fleur doit donc être porteuse d'un message, en rapport avec la perturbation d'une émotion." L'idée est donc de récupérer la substantifique moelle de ces fleurs et de s'en servir pour guérir les émotions négatives qui peuvent nous assaillir.

Diluées dans le cognac

Pour ce faire, c'est presque un jeu d'enfant. Michel Tourrasse détaille : "Il faut cueillir les fleurs sauvages que l'on recherche et les déposer dans une coupe en cristal remplie d'eau de source. Laissez-la au soleil toute la journée. L'eau a pris l'odeur et le pouvoir des fleurs. Il ne reste plus qu'à fixer ces composés chimiques avec de l'alcool. Le cognac est le seul alcool qui soit 100 % naturel, c'est donc lui qu'on utilise."

Ces substances de fleurs sont ensuite vendues en flacons au 1/10e d'alcool, ce sont des solutions buvables. Il faudra en prendre quelques gouttes quotidiennement, pendant une durée qui varie de quelques jours à quelques semaines, jusqu'à ce que la perturbation émotionnelle disparaisse.

Là encore, à chaque plante ou fleur sa spécificité. Ainsi, le marronnier blanc a une action bénéfique contre les rites obsédants tandis que les minules soigneront plutôt les phobies et les peurs. L'avoine, elle, aidera à devenir moins incertain dans ses choix.

Publié dans santé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article